2 ball
C’est à l’âge de 10 ans que les jumeaux D.O.C. et G-Kill créent le groupe BB MC et commencent à arpenter les scènes qu’ils éclaboussent de leur énergie débordante et de leur charisme, aussi bien dans le 92 du côté du Plessis que de Chelles dans le 77.
Lorsque Krokmitten, un grand de leur quartier, les prend sous son aile au début des années 90 leur carrière rapologique va réellement débutée. Finie l’époque des BB MC, les jumeaux se font dorénavant appeler les 2 Bal : « si la 1ère te touche, la 2nde te couche » A l’initiative de Krokmitten, ils vont alors réunir autour d’eux les Gued1 (Kid Mesa – El bandido – Rick Sweet), les 3 Coups (Mr R – Lyon’s), Ad’hoc-1 (Philo – MahJong) ainsi que le producteur Black Mozart pour créer un des collectifs de rap les plus solides de France : le Ménage à 3.
En 1995, en connexion avec les 2 Neg (Eben et Niro), et soutenus par 4 producteurs : White et Spirit et Kilomaître (Tefa et Masta), s’offre à eux la possibilité de tenter un pari fou pour l’époque : sortir un premier album en totale indépendance !!! L’œuvre se nommera « 3X plus efficace » et accèdera rapidement au statut de classique du rap français de part l’authenticité qui s’en dégage, aussi bien dans les thèmes que dans les lyrics, et le fait qu’il s’inscrive résolument dans un hip-hop sans fioriture. En outre, cet album sera porté par une véritable tournée, de plus d’un an, dans toute la France, avec un point d’orgue au Bataclan à Paris, et réconciliera le rap français avec la scène. Le style des jumeaux est éclectique : ils sont aussi bien capables de partir dans des délires (le titre « Gued1 ») que de traiter des thèmes sérieux avec beaucoup de recul, comme le montre les titres « Vie de chien » ou encore « Que faire ? ». Quand D.O.C. cisaille les rimes de sa voix rauque, G-kill part dans un style plus nasillard, mais à chaque fois leur diversité dans le forme sert la complémentarité du fond.
Ils gagnent en maturité artistique et apparaissent sur des projets d’envergure tels que Hip-hop soul party 3 de Cut Killer pour lequel ils délivrent un de leurs meilleurs titres « 100° à l’ombre », pour leurs amis enfermés « aux nègres enfermés que la son-pri n’aura jamais »…
Alors qu’ils travaillent d’arrache-pied sur leur véritable album en nom propre et apparaissent régulièrement sur les projets du MA3, Passi leur propose d’intégrer en parallèle un nouveau collectif, réunion de rappeurs congolais : le Bisso Na Bisso, avec Ärsenik, M’Passi, Ben-J et Mystik. Ce projet dépasse le cadre du rap et s’inscrit dans un véritable retour aux racines pour tous les membres : c’est l’occasion de s’ouvrir à de nouvelles sonorités et de toucher tous les expatriés vivant en France et les gens au pays. La France va voir déferler alors une vague africaine sur ses réseaux. Le disque, intitulé « Racines », va connaître une exposition considérable et un succès commercial inattendu. L’histoire est belle, trop peut être… Les disques d’or, les concerts en Afrique, les récompenses aux Koras, la rencontre avec Mandela, G-Kill les vivra sans son double… En effet, début 1999, D.O.C. est incarcéré, ironie du sort, et plonge pour une longue période dans les méandres du système judiciaire français.
En l’absence de sa moitié, G-Kill essaie de continuer son bonhomme de chemin dans le rap, malgré de nombreux doutes. S’il planche à de nombreuses reprises sur un album solo, il ne se sent pas de le sortir. Il espère que son frère reviendra et sait que le nom 2 Bal représente toujours quelque chose pour le public de rap français. Ne souhaitant pas que les gens oublient leur style de rap si singulier, il trouvera la force de livrer un cd2 rue, « Naufragé du temps » dans lequel il exhumera des titres 2 Bal inédits à ce jour.
Janvier 2006 : D.O.C. retrouve la liberté et la réunion des jumeaux est immédiate. Dès le premier soir, ils écrivent des textes, deux, trois… L’alchimie à résister à l’épreuve du temps et force est de constater qu’il faudra dorénavant saisir la chance et montrer que toutes ces années ne sont plus qu’un mauvais souvenir.
Le retour au premier plan est réfléchi et pointilleux, il ne s’agit pas de confondre vitesse et précipitation, métaphore sportive bienvenue pour ces amateurs de football. Ils savent que l’enjeu est de taille. Ce retour doit être le prémisse d’une nouvelle aventure. La forme et le fond doivent jongler entre les attentes d’un public qui à changer, le poids de leur histoire et l’évolution musicale du rap.
Après réflexion, ils décident de revenir avec un double album pour survoler les classiques de leur catalogue et montrer qu’en 2007, et dans les années qui arrivent, il faudra encore compter sur eux car plus que « le cocktail d’un docteur et d’un barge », on retiendra de 2 BAL qu’il s’agit de l’histoire des Mapassa !

